Peinture Jean-Loup Chastres - Pays d'ocre

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Seul, debout sur mon rocher, j’applaudis les vagues.

Et plus tard à l’orée de la nuit, à la lisière de mes labyrinthes, j’écris. J’écris des couleurs et des sons, des signes et des griffures. Des rouges et des bruns, des ocres et des noirs. Des visages de pierre. Des maisons de terre. Et le bleu sombre de la nuit.

J’ai toujours voulu ne peindre qu’une seule toile. M’y englober et devenir un triangle. M’endormir à l’ombre d’une voûte. Passer ma vie de l’autre côté du miroir et me fermer aux bruits du dehors. Au bruit et à la fureur. Mais la réalité essaye toujours de me récupérer. Alors, paniqué, je rassemble tous les éléments épars de mon corps morcelé et romps le blanc d’une nouvelle toile.

Je dessine un cercle autour de moi et me construis un nouveau rempart de sable pour sauver mon imaginaire. Puis, épuisé, apaisé, je m’arrête et calme ma peinture d’une ombre lunaire. Je crée des personnages aphones et tranquilles qui ont le visage de leur silhouette, des paysages de graffitis et les dômes de mes silences.

Parfois, impudique, je montre mes toiles. Et parfois même je m’en sépare. A regret. Que deviendront-elles ? Qui s’arrêtera pour les écouter ?

Enfin, je sais que ma dernière toile sera toujours le sable du désert où, sous la lune, impassible, j’attendrai le retour de la mer.